Des os muets et des pierres sonores : matérialiser le corpus poétique en Grèce hellénistique - Archive ouverte HAL Accéder directement au contenu
Article Dans Une Revue Mètis - Anthropologie des mondes grecs anciens Année : 2018

Des os muets et des pierres sonores : matérialiser le corpus poétique en Grèce hellénistique

Résumé

This paper explores how media processes of literary storage and transmission are addressed by Hellenistic epigrams posing as epitaphs for dead poets such as Érinna and Sophocles. These sophisticated, playful texts blur the category of the poetic corpus with the literal corpus of the poet’s body. As textual vehicles on papyrus, they mourn the loss of oral performance while purporting to be epitaphs incised into stone. The poet’s tomb embodies an enduring tension between the transcendent qualities attributed to the poetry of the past and the material vehicles that convey this transcendence to future generations. Whether virtual or inscribed, it marks out a privileged space for written text as a medium that, in maintaining and even generating poetic memories, holds the potential to circulate them amongst the living. Whether stone, wax or papyrus, such media nevertheless exist along a spectrum of impermanence, which continually threatens the immortality they attempt to confer.
L’article explore la manière dont les épigrammes hellénistiques, se faisant passer pour les épitaphes de poètes défunts comme celles d’Érinna ou de Sophocle, posent la question des supports et des procédés de conservation et de transmission de la poésie. Ces textes sophistiqués, pleins d’esprit, estompent la distance entre corpus poétique et corps du poète. Ayant le papyrus comme support, ils pleurent la perte de la performance orale tout en prétendant être des épitaphes inscrites sur pierre. La tombe du poète incarne une tension continue entre les qualités transcendantes attribuées à la poésie du passé et les supports matériels qui transmettent cette transcendance aux générations futures. Fictionnelles ou réellement inscrites sur pierre, ces tombes délimitent un espace privilégié pour le texte écrit en tant que médium qui, puisqu’il préserve et même produit la mémoire poétique, est en mesure de la faire circuler parmi les vivants. Pierre, cire ou papyrus, ces supports se situent sur un spectre d’impermanence qui menace toujours l’immortalité qu’ils tentent de garantir.
Fichier non déposé

Dates et versions

halshs-02113700 , version 1 (29-04-2019)

Identifiants

Citer

Verity Platt. Des os muets et des pierres sonores : matérialiser le corpus poétique en Grèce hellénistique. Mètis - Anthropologie des mondes grecs anciens, 2018, Dossier : Place aux objets ! Présentification et vie des artefacts en Grèce ancienne, N.S.16, pp.15-42. ⟨10.4000/books.editionsehess.5652⟩. ⟨halshs-02113700⟩

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