Le monde social comme kaléidoscope et mimesis : pour une théorie des modèles de connaissances adaptée aux espaces publics participatifs

Jean-Pierre Cahier 1
1 Tech-CICO - TECHnologies pour la Coopération, l’Interaction et les COnnaissances dans les collectifs
UTT - Université de Technologie de Troyes, CNRS - Centre National de la Recherche Scientifique : FRE2732
Résumé : Les débats concernant l'architecture du Web se sont généralement focalisés sur la manière dont ces URIs font référence, par analogie avec la question philosophique du nom propre logique, opposant théorie des descriptions définies (Russell), de la référence directe (Kripke) et de la signification par l'usage (Wittgenstein). Cependant, cela revient à laisser de côté un poiComment choisir et combiner les modèles de connaissances les mieux adaptés pour construire des espaces virtuels participatifs ? Nous nous appuyons sur la sémiotique de Peirce pour proposer une grille pragmatique distinguant des approches kaléidoscopiques et panoramiques. Les modes kaléidoscopiques de la connaissance permettent d'appréhender la réunion des connaissances de chacun des acteurs sur la situation dans laquelle ils co-interviennent - chacun utilisant/produisant sa connaissance au fil de l'eau de l'action -, cette réunion allant toujours au-delà de la connaissance panoramique qu'un observateur fût-il omniscient, placé en surplomb, peut construire de cette situation. La connaissance kaléidoscopique reconnaît le pouvoir de création des acteurs et leurs rapports interindividuels. Dans une démarche constructiviste que favorisent les NTIC, grâce aux modes kaléidoscopiques de la connaissance, l'individu est en position d'apporter sans cesse sa valeur ajoutée personnelle. Ainsi passe à l'arrière-plan le problème de la conception du monde virtuel par des concepteurs en " surplomb " (architectes, organisateurs, ingénieurs...) tandis que le premier plan est celui de la liberté créatrice, de la mimesis et de la réflexivité au niveau de l'acteur lui-même. Les visions du monde étant réutilisées par les acteurs par imitation et aspiration à des modèles, tout arrière-plan de modèle " ontologique" perd son utilité comme "méta-niveau " nécessaire pour structurer la représentation, car dans le monde mimétique le plan est celui de la vie elle-même, où toute représentation d'acteur fait modèle potentiel, et où toutes les vues du kaléidoscope " se reflètent " les unes les autres, s'enrichissant à chaque imitation de la dimension de création individuelle. C'est pourquoi la conjonction de la mimesis et des modes kaléidoscopiques augmentent l'expérience que les acteurs ont dans ces espaces et les rendent beaucoup plus intéressants pour aborder la réalité des figures du social. nt essentiel : qu'est-ce qu'une URI identifie ? Tout ce qui est susceptible d'être identifié sur le Web, conçu à la manière d'un espace informationnel universel l'est au moyen d'une URI. La lettre " U " de l'acronyme " URI ", désignait d'ailleurs initialement, c'est-à-dire dans la première RFC jamais écrite par Tim Berners-Lee sur le sujet, le mot " universel " (RFC 1630 : Universal Resource Identifiers in WWW) - en lieu et place du mot " uniforme " qui lui a succédé par la suite pour des raisons plus politiques que proprement conceptuelles. On désigne sous le nom de " ressource " ce qui acquiert ainsi une identité sur la Toile, identité fondée sur l'universalité des identifiants autorisant sa fixation. Le célèbre adage quinien, "no entity without identity" devient, une fois passé au tamis du Web, "no resource/identity without a URI". C'est dire, d'emblée, à quel niveau se situe cette notion. La ressource apparaît en premier lieu comme le corrélat des URIs/URLs/URNs/URCs. Aucun document de standardisation ne lui est d'ailleurs consacré, son portrait nécessite donc d'être esquissé en contrepoint, en allant puiser directement dans les - nombreuses - spécifications consacrées aux identifiants du Web. Concept central, elle se situe, au plan architectural, au même niveau que les URIs. Rappelons, par ordre décroissant d'importance, les principaux standards sur lesquels repose l'architecture du Web : URIs, protocole Http, langages HTML/RDF. Sans doute doit-on à une intelligence renouvelée de cette notion les ajustements successifs observés dans les standards, entre la RFC 1630 et la RFC 3986, ajustements qui ont progressivement conduit à l'abandon pur et simple des concepts d'URLs, URNs et URCs au profit des seules URIs. Nous entendons dans cet article revenir sur ces étapes pour dégager un concept cohérent de la ressource, concept qui, jusqu'à présent, a fait passablement défaut et explique sans doute la forme de " réalisme naïf " dont témoignent nombres d'approches et de discours autour du web Sémantique - ceci alors même ses principes s'inscrivent en faux contre pareille réduction.
Type de document :
Communication dans un congrès
Atelier Philosophie et Ingénierie. Le formel face à l'histoire, la technologie et la matérialité (IC2011), May 2011, Chambéry, France. pp.2, 2011
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Contributeur : Alexandre Monnin <>
Soumis le : lundi 25 juillet 2011 - 02:01:39
Dernière modification le : mardi 27 février 2018 - 14:40:03
Document(s) archivé(s) le : lundi 7 novembre 2011 - 11:31:17

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Jean-Pierre Cahier. Le monde social comme kaléidoscope et mimesis : pour une théorie des modèles de connaissances adaptée aux espaces publics participatifs. Atelier Philosophie et Ingénierie. Le formel face à l'histoire, la technologie et la matérialité (IC2011), May 2011, Chambéry, France. pp.2, 2011. 〈hal-00610789〉

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