Canchas, potreros, pasillos, à Valparaiso et à Santiago de Chile : quel droit et pour qui à une ville ouverte ? - Archive ouverte HAL Access content directly
Conference Papers Year : 2019

Canchas, potreros, pasillos, à Valparaiso et à Santiago de Chile : quel droit et pour qui à une ville ouverte ?

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Abstract

Les espaces ouverts ont longtemps été considérés comme des signaux faibles de l'urbanité. Quand ils sont étudiés c'est plutôt comme des creux laissés dans le bâti à dessein pour répondre aux prescriptions de l'Organisation Mondiale de la Santé qui préconise 9m2 d'espace vert par habitant pour assurer la « durabilité » et le « soutenabilité » urbaine. Comme les espaces bâtis, ils sont donc conçus dès les premiers parcs anglais comme Hyde Park selon la distinction opérée par H. Lefebvre entre espace conçu, perçu et vécu dans sa trialectique (Lefebvre, 1974). Ce sont ici des espaces ouverts métropolitains tels qu'ils sont vécus et perçus par des enfants et des adolescents de la région métropolitaine de Santiago du Chili et à travers eux leurs familles qui seront l'objet de la présentation sur la base d'entretiens semi-directifs et de cartes mentales réalisées dans plusieurs écoles de l'aire métropolitaine de la capitale. L'interprétation de ces cartes s'appuie sur un corpus théorique qui emprunte à la géographie mais aussi la psychologie, la sociologie et l'architecture. Parmi ces espaces, trois figures spatiales sont particulièrement choisies, canchas, potreros et pasillos. Ces espaces de taille variée, encore peu bâtis, naturels ou agricoles, sont porteurs de valeurs et de fonctions pour la région métropolitaine à la périphérie ou dans les interstices de laquelle ils se situent. Loin d'être seulement vides, ce sont des espaces sociaux, produits, aux valeurs multiples marqués et qui à ce titre sont souvent marqués par la conflictualité urbaine car différents groupes veulent se les approprier. Ce sont donc des objets spatiaux éminemment politiques au cœur de la métropolisation et même de la mondialisation (Faliès, C., 2013). A travers ces espaces, c'est aussi l'élaboration d'un nouveau savoir environnemental et social qui est en jeu ainsi que le droit à une ville si ce n'est durable au moins ouverte. En effet, dans une ville néolibérale et fragmentée comme Santiago, « il existe très peu d'endroits où les gens peuvent se rencontrer sans payer, sans devoir consommer pour avoir le droit de s'asseoir, des lieux où ils peuvent aller et venir à leur guise, jardiner, réaliser une œuvre d'art ou simplement discuter entre voisins, organiser un barbecue, comme dans un espace positif au lieu d'une case en béton, apprendre des choses, se former, mettre simplement la main à la pâte », (REYNOLDS, R., 2010). C'est particulièrement vrai pour les enfants ou les adolescents dont le développement urbain va souvent à l'encontre des intérêts et des besoins dans la plupart des grandes villes latinoaméricaines (Gülgönen, T., 2018). Ces espaces font alors office d'espaces publics, de sociabilité spontanée là où les aménagements conçus par les architectes et les urbanistes ne sont pas toujours appropriés. A Santiago et à Valparaiso certaines initiatives existent notamment sur les cerros ou sur le littoral (Fundacion Cerro Isla, 2017) mais elles semblent rester confidentielles ou anecdotiques. Plus, comme il a été montré avec les Zwischennutzungen (usages temporaires de l'espace) dans certaines villes industrielles en décroissance ou même l'agriculture urbaine qui appartiennent initialement à la sphère de l'informel, ces outils finissent par se formaliser dans les villes latino-américaines (Faliès, C., Mesclier, E., 2015) en devenant des modèles d'action ou même des outils de contrôle foncier et social d'espaces urbains au profit de certaines populations seulement (Dubeaux, S. & Cunningham-Sabot, E., 2016 ; Chalmandrier, M., Canavese, M., Petit‐Berghem, Y., Rémy, E., 2017).
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Dates and versions

hal-03882093 , version 1 (02-12-2022)

Identifiers

  • HAL Id : hal-03882093 , version 1

Cite

Cécile Falies. Canchas, potreros, pasillos, à Valparaiso et à Santiago de Chile : quel droit et pour qui à une ville ouverte ?. Habiter les villes latino-américaines, Oct 2019, PARIS, France. ⟨hal-03882093⟩
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