Accéder directement au contenu Accéder directement à la navigation
Article dans une revue

Mali, les sanctions de la CEDEAO sont illégales

Résumé : Depuis près de dix ans, le territoire malien est divisé entre plusieurs groupes armés djihadistes, nationalistes, etc. impliqués dans un conflit multidimensionnel. La rudesse des échanges récents entre la République du Mali et la CEDEAO — mais aussi la communauté internationale — est liée, de près ou de loin, au choix du gouvernement malien de faire appel à la Russie afin de suppléer progressivement la présence militaire française et européenne (EUTM, MINUSMA), mais surtout de la volonté de la junte au pouvoir de prolonger la transition. L’explication du raidissement lié à cette situation est multiple. Les causes tiennent, sans prétendre à l’exhaustivité, à la posture souverainiste de la junte au pouvoir, à l’inefficacité de la présence militaire française, à la persistance de l’insécurité, etc. Un regain de tension a eu lieu lorsque les autorités maliennes ont décidé d’expulser l’ambassadeur de France du Mali à la suite des propos du ministre français des Affaires étrangères, J-Y. Le Drian, qualifiant la junte « d’illégitime » et affirmant qu’elle était « hors de contrôle » — chose extrêmement rare en Afrique francophone depuis la Guinée de Sékou Touré —. Cette expulsion a été précédée de celle du contingent danois intégré dans la Task force dite « Takuba », au motif tiré de l’illégalité de la présence des forces danoises sur le sol malien. La Suède a, quant à elle, annoncé le retrait de ses effectifs de la Task force « Takuba » pour mars 2022. La Norvège vient de renoncer à l’envoi de militaires au sein de ladite force, en raison du refus du gouvernement malien. Le président français annonce, le 17 février, le retrait « gradué » de la force Barkhane et de ses alliés européens. En réponse, le gouvernement malien demande le départ immédiat des soldats français. Le 3 mars, la France a rappelé l’ensemble des coopérants exerçant au sein de l’administration malienne. De toute évidence, un rapport de force durable s’est instauré entre la France et le Mali dans un contexte de défiance d’une partie de l’opinion publique africaine à l’égard de la présence militaire française en Afrique. Les uns invoquent la souveraineté nationale, pendant que les autres appellent le Mali au respect de ses obligations internationales et sous-régionales et à la restauration de l’« ordre constitutionnel ».
Type de document :
Article dans une revue
Liste complète des métadonnées

https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-03683146
Contributeur : Henri SERGENT Connectez-vous pour contacter le contributeur
Soumis le : mardi 31 mai 2022 - 14:54:26
Dernière modification le : vendredi 5 août 2022 - 14:58:08

Fichier

3+-+Mali,+les+sanctions+de+la+...
Accord explicite pour ce dépôt

Identifiants

  • HAL Id : halshs-03683146, version 1

Citation

Lionel Zevounou. Mali, les sanctions de la CEDEAO sont illégales. Bulletin du CODESRIA, CODESRIA, 2022, 2022 (1), pp.19-38. ⟨halshs-03683146⟩

Partager

Métriques

Consultations de la notice

27

Téléchargements de fichiers

54